|
|
Il était une fois...C’est finalement de la crainte des épidémies et du développement de la notion d’hygiène que naîtra en Suisse un véritable concept d’assainissement.
La révolution industrielle entraîne une forte concentration de population dans les villes, ce qui pose des problèmes d’écologie et d’hygiène importants. L’épidémie de choléra qui sévit en Europe en 1867 est ressentie comme une menace en Suisse. Une commission technique d’assainissement est même créée à Lausanne après ces épidémies et conclu que le mauvais état des latrines et du système de canalisations favorise la propagation des épidémies. L’hygiène devient une préoccupation omniprésente. Progressivement, des campagnes hygiénistes sont mises sur pied et des mesures sont prises par les autorités en matière d’hygiène du logement. La science a nettement contribué à préciser la définition de la propreté. Par exemple, Robert Koch, médecin allemand, identifie en 1883 le bacille à l’origine du choléra et découvre qu’il se transmet à l’homme principalement par l’eau. A la fin du XIXe siècle, la construction d’égouts fermés met un terme définitif à la propagation du choléra. Le développement socio-économique du pays est désormais lancé. Si la nécessité de construire un réseau d’assainissement est progressivement ressentie, les solutions techniques sont encore loin d’être trouvées. La Suisse n’est pas épargnée par les débats virulents concernant les techniques d’évacuation des eaux qui règnent en Europe. Des nouvelles solutions sont constamment développées et examinées. Les premières infrastructures urbaines d’assainissement en Suisse ont largement été inspirées des modèles anglais et français, puis allemands. Le système anglais du tout-à-l'égout, système qui déverse directement à l'égout les eaux usées ménagères, ne s'impose qu'à la fin du XIXe siècle. D’autres dispositifs étaient également utilisés tels que le système de tinettes appliqué dans les égouts parisiens (tonnelet-panier-tamis en fer galvanisé servant de fosse d'aisances), le pompage des matières fécales par des véhicules de vidange ou encore l'évacuation des eaux usées au travers d'une canalisation suivant un passage dans un bassin de décantation ("fosse améliorée"). La construction de canalisations a permis d’évacuer les eaux résiduaires des agglomérations vers les rivières et lacs. Au XIXe siècle, avec la révolution industrielle et les besoins accrus en énergie et en eau, mais également avec la concentration de la population dans les agglomérations, la pollution des eaux a augmenté dramatiquement. Les problèmes hygiéniques ont été remplacés par des problèmes écologiques. Face à ce problème de grande ampleur, les autorités publiques doivent agir. Vers la fin du XIXe siècle, des dispositions juridiques concernant l’évacuation des eaux ont été par conséquent publiées. Ainsi, un décret relatif à la protection des eaux entre en vigueur dans le canton de Zurich en 1881. Il vise à harmoniser les différents besoins concernant la construction des canalisations, la protection des eaux et l’approvisionnement en eau potable. En 1917, le canton de St. Gall a construit la première station de traitement biologico-mécanique en Suisse. Débute ainsi en Suisse, une phase de plusieurs décennies durant laquelle se construit une impressionnante infrastructure pour l’évacuation des eaux usées et la protection des eaux. A la veille de la Première Guerre mondiale et grâce à des investissements colossaux, l’eau courante à la cuisine et les W.C. communs sur le palier entrent dans le quotidien des Suisses. Sources d'informationDictionnaire historique de la Suisse (DHS) "Propre en Ordre" de Geneviève Heller, 1979. Edition d'En bas, Lausanne "Von der Schissgruob zur modernen Stadtentwässerung" de Martin Illi et Hansruedi Steiner, 1992. Edition Neue Zürcher Zeitung |
|
